Trésorerie et rentabilité : pourquoi une PME occupée peut manquer de liquidités

Un carnet de commandes rempli est encourageant. Pourtant, une entreprise peut réaliser des travaux rentables et disposer de peu d'argent en banque au moment de payer les salaires, le loyer ou les fournisseurs. Le décalage entre les dates explique souvent cette situation.
Le bénéfice et les flux de trésorerie répondent à des questions différentes. Le bénéfice compare les revenus comptabilisés aux charges d'une période. Les flux de trésorerie suivent l'argent qui entre et sort réellement. En comptabilité d'exercice, une vente peut contribuer au bénéfice avant le paiement du client. BDC explique cette distinction dans ses conseils sur la gestion de trésorerie.
Suivez un travail dans le calendrier
Imaginons une entreprise de services fictive qui termine et facture un travail de 6 000 $ le 5 octobre. Supposons que toutes les charges associées à ce travail totalisent 4 000 $ et sont comptabilisées dans la même période. Pour simplifier l'exemple, excluons les taxes, le financement et toute autre activité.
Ce travail contribue alors à un bénéfice de 2 000 $. Mais supposons que l'entreprise paie les 4 000 $ de dépenses le 10 octobre et encaisse les 6 000 $ du client le 4 novembre.
- Le 5 octobre, la facture représente une somme due par le client; ce n'est pas un dépôt bancaire.
- Le 10 octobre, le travail a entraîné une sortie de fonds de 4 000 $, sans encaissement du client pour le moment.
- Le 4 novembre, le paiement porte le mouvement net cumulé de trésorerie de ce travail à un montant positif de 2 000 $.
Le travail peut donc être rentable tout en exigeant des liquidités pour couvrir l'intervalle avant l'encaissement. Plusieurs dossiers suivant le même rythme peuvent accentuer ce décalage.
Attribuez des dates réalistes aux encaissements attendus
Pour chaque facture client ouverte, distinguez la date de facturation, l'échéance contractuelle et la date d'encaissement prévue. Si le client confirme une autre date de paiement, consignez ce changement sans perdre l'échéance initiale.
Gardez visibles les incertitudes. Une occasion de vente, une soumission en attente d'acceptation et une facture déjà émise correspondent à des étapes différentes. Les compter toutes comme des encaissements assurés rendrait les prévisions peu fiables.
Un suivi clair permet aussi de repérer des obstacles concrets : facture envoyée à la mauvaise personne, référence de commande manquante ou question concernant les travaux réalisés.
Préparez une vue des mouvements à venir
Pour une prévision hebdomadaire simple, partez du solde de trésorerie initial, ajoutez les encaissements attendus et soustrayez les décaissements prévus. Reportez le solde final à la semaine suivante. Conservez les hypothèses près des chiffres pour pouvoir les revoir.
Comparez les prévisions aux mouvements réels au fil des semaines. Un paiement reçu plus tard que prévu doit se retrouver dans la prévision révisée, plutôt que dans une note oubliée.
Une liste de vérification hebdomadaire
- Confirmer le solde de départ à partir des renseignements à jour.
- Revoir les encaissements attendus et repérer les dates incertaines.
- Vérifier les paiements fournisseurs prévus et les autres sorties connues.
- Comparer la prévision précédente aux encaissements et décaissements réels.
- Attribuer les suivis nécessaires pour les renseignements manquants ou les dates modifiées.
Le logiciel comptable et les dossiers de gestion peuvent fournir des données utiles, mais les prévisions dépendent toujours d'hypothèses réalistes. Votre comptable peut vous aider à relier cette vue opérationnelle aux états financiers complets de l'entreprise.
Pour la question complémentaire du rendement de chaque mandat, découvrez comment suivre la rentabilité d'un projet pendant sa réalisation.